On m’a fait prisonnier…

de la Carretera Austral

Plus on descend vers le sud de la Patagonie, plus l’herbe est verte et plus on voit de bestiaux qui broutent et autres ruminants en tous genres.

L’avantage direct étant de pouvoir à nouveau manger du frometon qui ressemble à quelque chose et la meilleure « barbak » du monde.

Mais après s’être bien rempli la panse, pas d’autre choix que de mettre le vélo sur la béquille et laisser à la postérité et aux mouches la preuve odorante de notre bon appétit retrouvé. Et c’est la que ça coince, enfin que ça cloche, pardon. :-)

Je vous fais le topo :

Nous sommes sur un itinéraire superbe, bien qu’infesté parfois il est vrai de Pick-Up chiliens souvent irrespectueux des cyclistes. Une fois la poussière redescendue au sol apparait sur la gauche une rivière à la couleur bleue envoutante. Au loin, des montagnes enneigées dominées par un impressionnant glacier suspendu (« Ventisquero Colgante » en espingouin). Sur le côté droit, le doux son d’une cascade nous invite à remplir le bidon presque vide. Aucun doute, nous sommes sur la Carretera Austral chilienne !

Pourtant, subitement, le tableau se noircit et apparait un double problème : je ne peux ni trouver un petit coin discret, ni tendre le bras assez loin pour faire le plein. Je réalise alors que des barbelés placés jusqu’au ras du sol sont également disposés à 2 mètres de la route de chaque côté !

Je ne les percevais pas au premier abord car mon regard se portait au loin… mais ils sont bien là… omniprésents… courant même sur des dizaines de kilomètres sans interruption si ce  n’est un portail en bois fermé à l’aide d’une chaine et d’un gros cadenas !

Pas grave, je suis malin, je vais tenter de m’infiltrer par le prochain ruisseau qui arrive… Bing ! Impossible, les barbelés traversent même les ruisseaux ! Ce n’est pas une blague. Est-ce qu’ils bloquent les saumons avec ça ou prennent des truites ? :-)

La tension monte après 20 ou 30 kilomètres à être parqué comme un mouton sans pouvoir s’extraire de cette voie, aussi belle soit-elle. :-(  Cette conception de la nature à l’américaine : on regarde mais de loin, surtout sans toucher, tranche trop radicalement avec mon approche latine où l’espace public ne comporte pas ou peu d’interdits de ce genre, a fortiori en zone montagne !

Bon ok, la plupart de la Patagonie appartient à des particuliers, les terres ayant été le plus souvent données ou vendues pour une bouchée de pain aux colons qui s’y installèrent en déforestant pour y pratiquer de l’élevage.

Mais maintenant que l’élevage n’atteint pas le millième des prévisions, ne serait-il pas raisonnable de virer ces barbelés castrateurs qui pour la plupart ne servent strictement à rien ? Quel immense gâchis.

Notre salut viendra peut-être d’un des parcs naturels ou réserves naturelles dans lesquels en échange de quelques lucas (milliers de pesos chiliens), les barbelés sont absents et les cascades approchables ? Euh… zut on se retrouve parqué sur des passerelles avec des barrières en bois. Mais surtout, ne pas en sortir… car cela n’a pas été prévu… Heureusement il a été prévu des toilettes à l’entrée du site pour les visiteurs s’étant affranchis du droit d’entrée.

CQFD, trop cleans ces Chiliens, impossible de chier dans les bois !

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