Congé parental

Araucanie et Région des Lacs, Chili, du 17 au 31 janvier

Hop hop hop ne vous emballez pas, ce n’est pas ce que vous croyez… ;-) « Le Club des Cinq en vacances au Chili » vous connaissez ?! Durant la deuxième quinzaine de janvier, nous avons eu la visite de nos chers parents. Direction l’Araucanie et la Région des Lacs…

Dès notre arrivée dans la région, on est frappé par tous les noms à consonance germanique, surtout en ce qui concerne les hébergements et les restaurants. On atterrit d’ailleurs le premier soir, près de Curacautin, à « Andenrose ». Le ton est lancé… ;-) Et au moins, ils servent de  vrais ptits déj’ de cyclistes, gargantuesques !

Les vacances avec eux s’annoncent sportives… Ça commence par une randonnée dans le Parc National Conguillio.

On monte dans une magnifique forêt où prédominent les fameux pins endémiques de la région, les Araucarias (d’où le nom de cette région, l’Araucanie).

Plus on s’élève, plus la vue sur le volcan actif Llaima (3125 m) est enchanteresse…

Forêts, cascades qui débaroulent sur les falaises, glaciers, volcans… Ces petites vacances en famille commencent superbement !

Ce même jour, nous faisons une rencontre marquante. Vers Melipeuco, nous atterrissons à la Ruka Melilef (voir site). Une ruka, c’est la maison traditionnelle des Indiens Mapuches (la population indigène la plus grande du Chili, qui représente 10 % de la population). Carlos et Marta nous accueillent à bras ouverts et dans un français parfait, ce qui ne manque pas de nous intriguer.

Tout commence par une petite cérémonie de bienvenue et d’initiation à la culture Mapuche dans la forêt. Carlos nous explique ensuite que, sous la dictature Pinochet en 1973, il a été arrêté, mis en prison et torturé pendant plusieurs jours d’affilée (chaise électrique entre autres, d’où de nombreuses brûlures qui lui sont restées). Et oui, étant Mapuche et dissident politique, c’était une double raison pour la Junte au pouvoir de le persécuter. La façon qu’il a d’évoquer cela, si calme, posé, avec tant de recul, tranche avec l’atrocité et la barbarie des actes qu’il a subis… A l’aide de l’abbé Pierre notamment, lui et sa femme ont pu partir en France, en tant qu’exilés politiques. Ce fût un aller simple pour 25 années, à Paris puis dans le Gard. Revenus au Chili en 1999, ils ont alors eu pour projet de se lancer dans une forme de tourisme communautaire, en accueillant des voyageurs, mais aussi des écoliers, des étudiants, des apprentis, dans leur ruka, construite par leurs soins. Des moments forts partagés avec eux, des gens d’une générosité et d’une grandeur d’âme rares…

Le jour suivant nous fait… non pas « redescendre sur terre » mais monter au cratère ! Du volcan Villarica (2847 m).

Papa, Franck et moi, nous voilà tous les 3 en route pour tenter de voir de la lave en fusion. On est pas peu fiers d’avoir réussi à échapper aux hordes de touristes qui montent avec des agences, à des prix exorbitants (il a fallu batailler sévère avec les gardes du Parc pour qu’ils nous laissent monter seuls, car normalement, le Guide est obligatoire).

Joli cheminement entre cendre volcanique et glacier,

mais au sommet, une déception légitime : on ne voit pas du tout de lave… On l’avait pourtant choisi pour cela !

Mais heureusement le panorama à 360° est super chouette, et le cratère vaut tout de même son pesant de cacahuètes (c’est qu’on devient difficile après tous ces volcans et cratères magnifiques qu’on a grimpés depuis des mois !).

La redescente se fait en 2-2, en luge-pelle ! C’est la mode locale pour redescendre de ce volcan,  et tout ce qui peut nous éviter de redescendre en marchant nous plaît (ha vivement le parapente…). La sur-fréquentation (jusqu’à 300 personnes par jour !) a carrément créé des couloirs de bobsleigh.

On dirait parfois que des trous, on n’en a jamais assez… Le cratère Raihuen dans le Parc National Puyehue est pas mal non plus…

L’influence germanique dans la région n’est pas que gastronomique (c’est assez drôle de voir écrit partout « Kuchen » par exemple…) mais aussi architecturale. A Puerto Varas, de nombreuses bâtisses sont construites en bois dans le plus pur style germanique. Ça a d’la gueule !

Vacances sportives on disait, oui mais qui nous reposent sacrément les gambettes du vélo ! Nos 2 papounets, Dominique et Alain, embarquent avec nous pour un après-midi rafting… mouillé et sacrément fun ! Plein la tronche on en a pris, dans cette superbe rivière à gros volume et à l’eau bleue cristalline, le Rio Petrohué…

… Dominés par plusieurs volcans, l’Osorno et le Puntiagudo.

Petrohué c’est aussi un nom qui évoque les Saltos du même nom. Des chutes donc, sur de la roche volcanique. Là encore, le roi Osorno règne…

Tout comme dans le Parc National Vicente Perez Rosales.

L’eau on aime ça, décidément. Journée kayak de mer dans l’estuaire de Reloncavi, de Cochamo jusqu’à Ralun. Super ambiance avec nos 2 guides, un Chilien et une Québécoise. :-) Une atmosphère paisible règne dans cet estuaire, entre forêts, falaises, petits ports de pêche, piscicultures de saumons, volcans en fond… Une fois de plus (on est en Patagonie du nord, ne l’oublions pas), l’eau est tellement bonne qu’au déjeuner, tous à l’eau pour se baigner !

Pendant 2-3 jours, séparation des troupes pour répondre aux envies de tous. Le clan des Vidaux part en exploration sur l’île de Chiloé, île typique et traditionnelle, connue pour ses villages où les maisons sont contruites sur pilotis, les Palafitas, comme à Castro.

Castro est aussi connue pour son église, pas conventionnelle, c’est le moins qu’on puisse dire avec ses couleur fluo !

Pendant ce temps, le clan des Linossier part vadrouiller dans la vallée de Cochamo. Papa voulait « se défoncer » pendant ses vacances et faire le plein de randos, alors c’est reparti pour un tour. On monte dans une superbe forêt, sur un chemin parfois constitué de planches de bois et de rondins (tant il y a de boue et d’eau par endroits). C’est un chemin très ancien, autrefois utilisé par les Jésuites et les contrebandiers.

Cette vallée est connue de nombreux grimpeurs puisqu’elle est surnommée « le Yosemite chilien », elle abrite en effet des falaises impressionnantes de plus de 1000 m de haut dans du superbe granite !

A défaut d’escalade (pour cette fois), on se contentera de randonner jusqu’au sommet Arco Iris. Remarque c’était aussi un peu de la grimpe, tant la pente était raide. Pas mal de sections sur rochers avec des cordes fixes, on s’est fait plaisir. On dirait que l’Osorno nous poursuit, vue imprenable depuis le sommet…

Après la redescente, un goûter de compét’ todo casero (= fait maison) nous attend… Miam !

Ces ptites vacances avec nos parents, c’était aussi : de nombreuses baignades dans ces grands lacs Villarica, Llanquihue et compagnie (température divine aussi bien dehors que dedans !) ; quelques frayeurs en voiture lorsque Francky se prend pour un pilote de rallye, sauf qu’il est au volant d’une Nissan Tiida et non d’une Fast106 ou d’un Trafic stupéfiant ; une frayeur d’un autre genre lorsque Francky a « perdu » son passeport, en fait oublié au magasin de location pour grimper le Villarica ; de nombreux Pisco Sour et cervezas en guise d’apéro mais aussi un paquet de bouteilles de bon pinard chilien englouties (c’est que, pour ça, le Franckito n’a plus l’endurance suffisante… au bout de 15 jours à ce régime il n’en pouvait plus ;-)) ; et bien sûr de sacrées bonnes bouffes tous ensemble, dont, la plus mémorable, à la bodega-restaurant de Miguel Torres, dans la Vallée de Curico, non loin de Santiago la capitale. Un « déjeuner gourmet picolo dégustation » comme dirait Franck. On met une ambiance de folie dans le resto, Alain nous ressert même des verres dans le dos du serveur (ça apparaîtra finalement sur l’addition, pas dupe le serveur ;-)) et Franck, en bon cyclo qui se respecte, a encore hyper faim en sortant de table. Insortables ces Frenchies… ;-)

Ici on fait dans le vin haut de gamme : un nombre incroyable de cépages, dont le très spécial Carmenere (n’existe qu’au Chili, oublié et même décimé sur le vieux continent par des maladies), irrigation en goutte-à-goutte, fûts de chêne français, toute une équipe d’œnologues, marketing au top… La bodega existe depuis 1979 seulement et est devenue un empire ! Les Torres ont importé plusieurs techniques de vinification d’Espagne (leur pays d’origine) et font dans le 100 % bio. De manière générale, ici au Chili, les vignes sont extrêmement productives, malgré l’âge (elles ont parfois plus de 100 ans ces ptites dames) car en excellente santé (un certain nombre de maladies typiques des vignes en Europe n’existent pas ici).

Adieux poignants avec nos ptits parents les 30 et 31 janvier… Quand les reverra-t-on ? Suspense, surprise… En attendant, des souvenirs merveilleux de ces vacances ensemble en terre chilienne.

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